Raylene, les Rankin, et une vieille chanson

Récemment, j’ai appris de la mort de Raylene Rankin, membre du groupe The Rankins, qui étaient trois sœurs et deux frères d’une famille de Mabou, sur l’Île de Cap-Breton en Nouvelle-Écosse. Ils chantaient leurs propres chansons et aussi quelques chansons traditionnelles en gaélique.

Dans la vidéo ci-dessous, ils chantent trois des ces chansons, mais pour ce billet je ne parle que de la première, Mo shùil ad dhèidh (Mon œil te cherche). J’ai trouvé une histoire charmante pour cette chanson–vraie ou fausse, je ne saurais dire.

Selon le site Mudcat.org (en anglais; le site traite de chansons folkloriqures), il y avait un minstre de Lismore, Écosse, le révérend Donald MacNicoll.  À l’age de 36, en 1771, il a proposé à Lilias Campbell, une fille de 17 ou 18 ans. Non seulement était-il plus vieux qu’elle, mais il avait un visage défiguré par la petite vérole.

(“Lilias” en tant que nom est une variation de «Lily», lis en anglais. Je ne sais pas si des filles françaises ont «Lis» comme prénom.)

Lily lui a refusé et a plutôt choisi un autre, le capitaine Campbell. MacNicoll donc a fait son chemin à cheval. Il s’est arrêté au cours de son voyage à composer cette chanson d’amour célèbre.

Mais le capitaine a lui-même déjoué: il a promis à son serviteur un shilling s’il embrasserait Lily. Elle était si furieuse par cette action sans cœur qu’elle a immédiatement rompu l’engagement. Elle a fait dire à MacNicoll, lui demandant de revenir à elle. Ensuite, ella a accepté sa proposition. Ils se sont mariés le 28 novembre 1771.

Selon l’histoire, ils ont eu 16 enfants. Le révérend plus tard a enregistré, avec l’aide de Lily, les chansons de Donnchadh Bàn Mac an t-Saoir (Duncan Ban MacIntyre), un bard (poète) gaélique également connu comme «Beau Donald des Chansons» .

Ochoin a chailin ‘s mo shùil ad dhèidh
A chailin, mo chailin ‘s mo shùil ad dhèidh
A Lili, mo Lili ‘s mo shùil ad dhèidh
Cha lèir dhomh am bealach le sileadh nan deur

Hélas, ma fille, mon œil te cherche
Fille, ma fille, mon œil te cherche
Lis, ma Lis, mon œil te cherche
Je ne peux pas voir le col de montagne à cause des larmes qui coulent

Alas, my girl, my eye is after you
Girl, my girl, my eye is after you
Lily, my Lily, my eye is after you
I can’t see the mountain pass for the flowing of tears

Gun d’ èirich mi mochthrath madainn an-dè
‘S gun gheàrr mi ‘n ear-thalmhainn do bhrìgh mo sgèil
An dùil gum faicinn-sa rùn mo chlèibh
Ochoin gum facas ‘s a cùlaibh rium fèin

Je me suis levé très tôt hier matin
et j’ai cueilli le millefeuille à cause de mon sort,
avec l’esperance de voir ma bien-aimée
Hélas, je l’ai vu, mais avec son dos à moi

(Selon le folklore, si vous mettez les fleurs de l’achillée millefeuille sous votre oreiller, votre amant vous apparaîtra dans vos rêves.)

I got up very early yesterday morning
And I plucked the yarrow because of my plight
In the hope of seeing my beloved
Alas, I did see her, but with her back to me

(According to folklore, if you place yarrow flowers under your pillow, your lover will appear to you in your dreams.)

Ochoin a chailin ‘s mo shùil ad dhèidh
A chailin, mo chailin ‘s mo shùil ad dhèidh
A Lili, mo Lili ‘s mo shùil ad dhèidh
Cha lèir dhomh am bealach le sileadh nan deur

Hélas, ma fille, mon œil te cherche
Fille, ma fille, mon œil te cherche
Lis, ma Lis, mon œil te cherche
Je ne peux pas voir le col de montagne à cause des larmes qui coulent

Alas, my girl, my eye is after you
Girl, my girl, my eye is after you
Lily, my Lily, my eye is after you
I can’t see the mountain pass for the flowing of tears

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