Le petit français d’Allemagne

Je viens de lire de la mort d’Henri Salmide à Bordeaux, France, le 23 février.

Né Heinz Stahlschmidt en Allemagne, il était sous-officier de la Kriegsmarine, stationné à Bordeaux. En 1944, il a reçu l’ordre de faire sauter les installations et les quais de la ville.

Mieux qu’obéir, il voulait éviter la destruction du port.  (J’ai lu que les ouvriers lui appellaient “le petit français;” apparemment il n’était pas le plus mauvais “boche” à Bordeaux.)   Il a fait contact avec un membre de la Résistance, qui l’a dit qu’il avait “ni hommes, ni armes” pour l’empêcher.

Tout seul, le 22 aout (quatre jours avant la date pour la destruction), Stahlschmidt est entré le blockhaus où étaient entreposé les explosifs.  Il a déclenché les amorces.

Quelques minutes plus tard, le blockhaus était détruit.  Stahlschmidt a tué presque 50 soldats allemands–mais il a sauvé presque 3,500 ouvriers et citoyens de Bordeaux.

Après la guerre, il a marié une française et est devenu citoyen français en 1947, quand il a pris le nom Henri Salmide.

En 2000, il est devenu chevalier de la Légion d’Honneur.

Photo de Sunfox (Sunny Ripert), flickr.com/people/sunfox/

Les dit-noms et les MacDougall

J’ai appris qu’en Acadie et en Québec, on entend ou lit souvent des “dit noms.” Ces sont comme un alias ou un autre nom donné à quelqu’un, souvent pour le distinguer des autres avec le même nom: Joseph Broussard dit Beausoleil.

Un site généalogique donne quelques raisons pour les dit-noms:

  • Surnom utilisé à l’armée (peut être combiné à d’autres raisons)
  • Lieu d’origine (Breton, Langlois, Langevin, etc.)
  • Terres appartenant à ou habitée par un ancêtre (Beauregard)
  • Le nom complet de l’ancêtre (Gaston Guay -> Gastonguay -> Castonguay)
  • Le prénom d’un ancêtre (Vincent, Robert, etc.)
  • Pour conserver l’ancien nom (dans la langue locale) lors de la francisation des noms en France

Ça m’interesse parce que, chez moi, nous avons quelque chose semblable.  Parmi des écossais de l’île de Cap-Breton et de la Nouvelle-Écosse, c’est souvent le cas qu’on n’entend jamais un nom de famille.

Mon grand-père, par exemple, s’appelait John David Macdonald. Quand il était jeune, 10% des Nouvelle-Écossaises avaient le nom de famille “Macdonald” — dont 10% s’appelaient “John.”

Si vous avez dit, “Je cherche John Macdonald,” on répondrait, “Lequel?”

Donc, quand il est venu à ma ville natal, on commençait l’appelait “Jack D.” En l’anglais de Cap-Breton, c’était “his style” — c’est à dire, son dit-nom.

Souvent, les gens donnent le style de quelqu’un à ses enfants.  Ma mère et ses frères et ses sœurs étaient connus comme Freddie Jack D, Charlie Jack D, Edith Jack D…

Ce peut appartenier à la génération prochaine.  J’ai des cousins qu’on présente comme: Ann Billie Jack D.  (Ann, fille de Billie, fille de Jack D).

Mon père avait un bon ami depuis 50 ans.  Je n’ai jamais su son nom de famille jusqu’à sa mort; il était toujours Hughie Jim Paul ( “Jim Paul” était le nom de son père).  L’automne dernier, j’ai dit  à une nièce, “J’avais 35 ans avant que j’ai appris que son nom de famille était MacDougall.”

Elle était choquée.  “Il n’était pas ‘Paul’ ?!?”